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Paroisse St Paul

du Mesnil - Plateau de Boos - Diocèse de Rouen

Triptyque de Franqueville et description de l'église
RESUME BIBLIOGRAPHIQUE D’UN LIVRET ETABLI PAR L’ABBE GREVEREND CURE DE FRANQUEVILLE.


1-    HISTOIRE DU TRIPTYQUE

Restauré une 1ère fois par Mr GUEY en 1926 avec la contribution du Maire, Mr LE BRET, et de la commission diocésaine de conservation du mobilier des églises, il est Inauguré le 26 juin par Monseigneur de la VILLERABEL.

C’est un retable à volets (le seul qui subsiste en seine maritime). Daté de 1602, il est classé dans les spécimens comme un rare exemple de transition.

C’est manifestement un travail de commande fait pour enseigner, le mot « démonstration » y figure en toutes lettres.
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repère : La Loi de Séparation de 1906

En 1916, les panneaux latéraux (volets cloants) étaient « presque effacés ». Ils étaient fixés, alors, au-dessus de la porte de la chapelle de droite et le panneau central au-dessus de la porte de la chapelle de gauche. Ils auraient failli être repeints dans la couleur du mur !...

2-    DESCRIPTION RAISONNEE DU TRIPTYQUE

2.1-    Le panneau central

Y figurent la Trinité, l’incarnation du Verbe, et une célébration au moment de l’élévation de l’Hostie. Les trois figures sont reliées par un rai de lumière présentant le sacrifice Eucharistique comme l’aboutissement des trois principaux  Mystères de la Foi catholique : Trinité, Incarnation, Rédemption.

2.2-    Les panneaux latéraux (panneaux cloants ?)

Les figures se rapportent au même sujet et l’expliquent par l’entremise de six pères de l’Eglise : Saint Ambroise, Saint Augustin, Saint Cyrille de Jérusalem, Saint Jean-Chrysostome, Saint Jérôme et Saint Grégoire-le-grand.

Au revers ; en grisaille , un personnage de l’Ancien Testament : Melchizédech et Saint Paul.

La concordance des textes amène naturellement la conclusion inscrite en Latin « Il faut vraiment adorer le Fils de Dieu dans l’Hostie ».

3-    HISTOIRE LOCALE

Vers le milieu du 16ème siècle, la région de ROUEN est très éprouvée par les guerres de religion. Des controverses doctrinales violentes mettaient aux prises, dans la cité, catholiques et protestants avec des répercussions dans les villages alentour. Le château de St Pierre de Franqueville est alors occupé par la famille COSSARD.

Passèrent-ils au protestantisme comme leurs voisins, les seigneurs de ND de FRANQUEVILLE et de BRANVILLE, Nicolas et Guillaume de BAUQUEMARE ?

On prétend que l’on doit à Guillaume COSSARD la destruction du Manoir du MOUCHEL ou résidaient une partie des moines bénédictins de l’abbaye de la Ste TRINITE du GRAND MONT (quartier GRAMMONT dont le vestige est l’église romane Ste Catherine.

L’année 1562 fut certainement l’année la plus troublée et le 29 avril tous les moines s’étaient enfuis de leur monastère du grand mont. En janvier, Guillaume COSSARD mourut en laissant deux fils : Guillaume et Thomas.
Ces derniers n’ont pas adhéré à l’hérésie ou leur revirement fut rapide car l’un entre dans les ordres et devint membre du chapitre et son frère Guillaume, sieur de Franqueville, en 1587  «fit peindre un très beau tableau pour son église» dont le châpitre fit finalement l’acquisition pour la Cathédrale moyennant la somme de 10 ou 12 écus.

N’est-il pas naturel que Guillaume ayant cédé un tableau destiné à sa paroisse, ait songé à faire exécuter un retable triptyque pour embellir son église. Il a sous la main un peintre qui vient de faire preuve de son talent et un théologien tout trouvé pour sa conception en la personne de son frère le Chanoine Thomas.

LE TRIPTYQUE COMME ACTE DE FOI

Ainsi les deux frères vont affirmer leur foi dans le dogme que les protestants ont le plus combattu : le triptyque exaltera donc l’Hostie triomphante. Il proclamera la présence de l’Homme-Dieu dans une messe d’apothéose. Des Maîtres fondateurs de la doctrine encadreront la célébration en désignant du doigt cette scène d’apologie eucharistique avec à l’appui la citation de leurs écrits respectifs. La traduction de ces textes ne laisse aucun doute sur les intentions qui ont déterminé la composition du triptyque.

Il faut souligner l’extraordinaire précision des textes avec les dates et les sources qui sont citées par le concepteur du tableau. Il s’agit de défendre la vérité catholique en ayant recours aux Docteurs fondateurs de la doctrine.

St Grégoire  - pape au 6ème  siècle – texte sur le corps de Jésus-Christ et le mystère de son sacrifice.
St Augustin  - 5ème  siècle. – texte sur la nécessité d’adorer le corps du Christ
St Jean-Chrysostome – 5ème  siècle – texte sur l’adoration des mages et des bergers lors de la Nativité comme exemple.
St Ambroise – 4ème   siècle – texte sur le mystère de l’Eucharistie et la transformation du corps du Christ dans le Saint Sacrement.
St Jérôme – 5ème  siècle – texte sur le pain et le vin véritables qui sont notre nourriture et notre breuvage.

La deuxième partie du texte est l’extrait d’une lettre de St Jérôme à Hédibie qui était une illustre  veuve de l’ethnie des baïocasses (Bayeux). Très lettrée et curieuse d’exégèse biblique.

St Cyrille – évêque de Jérusalem au 4ème  siècle – texte sur la nécessité de ne pas se fier aux apparences, de taire nos sens et de laisser parler notre foi.

Ensuite, le château de Franqueville passe successivement aux mains de Jacques Poërier baron d’Amfreville, à sa veuve remariée Marguerite de Grisel, puis à la famille Guenet.

Ils élèvent dans le chœur un nouveau retable, et le triptyque est relégué au bas de la nef au-dessus du portail (voir plus loin a)

En 1855, date de la construction du clocher, le retable démantelé est fixé au fond des chapelles latérales.

4-    HISTOIRE DE L’EGLISE

Dans la seconde moitié du 16ème  siècle, l’église est saccagée,
En 1602 est inauguré le triptyque dans un édifice réparé grossièrement qu’il faudra bien reconstruire tôt ou tard,
1652 reconstruction de l’église sous l’égide d’un curé aisé et fortuné Nicolas SAAS.
1855 construction du clocher.

5-    L’église : DESCRIPTION INTERIEURE


Chapelle de gauche (côté de l’Evangile) dédiée à Marie,
Chapelle de droite (Côté de l’Epître) à Saint Roch puis à partir de 1833 à Saint Joseph.
Les deux autels étaient surmontés de statues en pierre du 16ème s.
Le maître-autel se trouvait au chevet de l’absidiole qui est aujourd’hui la sacristie et était éclairé au centre par la jolie fenêtre lobée (a)

5.1-    Le maître-autel

Statues de St Pierre et St Paul en bois polychrome.
Pinacle, Angelots,
Reliquaires LOUIS XV, lambris LOUIS XIII

5.2-    La statuaire

St Blaise, la Vierge (expression sévère, cheveux en bandeaux, robe très souple, bras droit qui relève un voile) en bois polychrome.

En 1915 et en 1928, sont exhumés du cimetière des fragments de statues : Résultat probable des guerres de religion:
Un fragment de pierre de la Renaissance (St Etienne ?),
Une statue d’évêque décapitée (St Nicolas),
une tête avec une tiare papale (St Pierre),
une tête d’un personnage jeune du 15ème  (St Jean le mineur ?)
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Statue à gauche, à l’entrée du chœur (adolescent au visage grave, cheveux bouclés, bras pieusement croisés

5.3-    La nef

L’usage de la ligne droite et du plein cintre, partout, y compris le triptyque impressionne par sa simplicité, sa sobriété et son unité.

5.4-    Les vitraux

Comportent en guirlande, une branche de vigne où abonde le raisin que viennent becqueter des colombes.
Le premier médaillon porte une gerbe de blé liée par une branche de vigne,
Le deuxième, un calice et une patène surmontée d’une hostie,
Le 3ème, l’agneau divin immolé sur le Livre de l’Apocalypse aux 7 sceaux.
Le 4ème, le symbole de Jésus-Eucharistie sous la forme d’un Pélican.

Calvaire du cimetière ?

5.5-    Vestiges de l’ancienne église:

Deux statues en pierre : ND de Gràce et St Roch,
La cuve des fonds baptismaux représente St Pierre et St André.
Le triptyque.

5.6-    Parallélisme symbolique

Repère : Le thème général de l’église semble être fondé à l’instar du triptyque pour glorifier le St Sacrement (retable, verrières, retable).

St Pierre et St Paul sont martyrisés le même jour,
St Pierre et St André ont péri chacun sur la Croix,
St Jean le mineur a participé à la communion de la Cène (thème récurrent du triptyque et de l’église). 
 

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