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du Mesnil - Plateau de Boos - Diocèse de Rouen

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Le Blé Eucharistique
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        Le Blé Eucharistique et la fête de la Moisson



        Il y a quelques temps dans la cathédrale de Roeun, en plein après-midi, en semaine, 2000 personnes assistaient à la « messe du Blé Eucharistique » célébrée par de nombreux prêtres, dont deux évêques. Elle clôture la collecte annuelle et cantonale faite auprès des paysans de blé ou son équivalent en espèces sonnantes et trébuchantes qui aide à la fabrication des hosties ; autrefois le blé donné allait directement au moulin . Je ne sais si cette collecte remonte à des temps reculés, mais on la pratique beaucoup depuis 80 ans et, elle semble issue de notre diocèse.

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La fête du Blé eucharistique a eu lieu le Mercredi 30 mai 2007– Cathédrale Notre-Dame de Rouen

    La France avait autrefois la réputation d’être un pays agricole et l’Eglise a toujours rendu hommage aux travaux de la terre comme en témoigne ce vitrail qui orne la cathédrale Notre Dame de Rouen, il est situé  dans les chapelles latérales (à droite lorsque vous entrez dans l’édifice par le portail, plus exactement dans les chapelles de la Nef). Ces chapelles ont subi de graves dommages en 1944 et leurs verrières ont été cassées, remplacées en 1955/1956 par des vitraux dus au maître-verrier Max Ingrand. L’une de ces chapelles est dédiée aux "Travaux des champs" dont voici le vitrail :

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  La première , celle de gauche représente les labours, on voit très bien le laboureur qui guide la charrue par les manches, celle-ci étant tirée par un cheval blanc.

La deuxième symbolise les semailles, le paysan, le semeur, a replié son manteau pour se constituer une réserve où il puise avant de jeter (semer) le blé. Comme il fait chaud on voit qu’il s’est fait une réserve dans un panier et une cruche.

La troisième évoque la moisson : le moissonneur tient dans une main une faucille et dans l’autre une gerbe qui va à terre rejoindre une autre gerbe. Il fait soleil, son grand chapeau le protège.

La dernière figure la rentrée de la moisson dans le grenier à l’aide d’une fourche à 2 dents.

La Messe de la Moisson 

    De là le respect du travail des champs et  la clôture de l’engrangement par la Fête de la Moisson réinitialisée à Boos début Septembre par M Yves GRISEL , le maire et par un de ses adjoints M Daniel HUE, de Mme Arlette PESQUEUX et de son groupe « d’animation, loisirs », Daniel poursuivant l’œuvre de sa tante, ancienne organisatrice de la messe de la moisson à Pitres. Cette fête débute par une messe en plein air, regroupant 6 à 700 fidèles, suivie du verre de bienvenue de la municipalité et d’un repas préparé avec maestria par le groupe d’animation, un marché fermier, une exposition d’animaux, un défilé de tracteur dont certains ont presque connu Vercingétorix, le tout encadré par une musique ou fanfare de première qualité, avec quelques fois des jeux tant sportifs qu’intellectuels  messe_de_la_moisson_n__176_02_.jpg

   

 

 

 

 

   

Fête de la Moisson

       « La fin de la moisson donne lieu à la plus belle fête païenne de l’année, au début du XX° siècle » nous raconte l’abbé Léonor BLOUIN et Jules LECOEUR . « Maîtres et valets mangent, boivent, chantent et dansent, heureux d’avoir engrangé une nouvelle récolte ».


    Ceci se passait en Basse Normandie dans le bocage normand.


     « A la fin de Juillet, souvent dès le 25, on commence les travaux importants de la moisson, tout le monde y participe. Les gens de métier abandonnent leurs outils habituels ; le charpentier quitte sa hache, le tisserand sa navette, la couturière ses aiguilles. Le moulin ne fait plus tic-tac, et à la forge, le soufflet se repose, l’enclume est tranquille : on n’entend que des bruits de faucilles, on ne rencontre que des moissonneurs coiffés d’un grand chapeau de paille tressé durant les soirées d’hiver, leur travail a commencé avant l’aube, mais vers 8 heures apparaît le bourgeois (le patron) appelant son monde pour la collation. Il est chargé au bras d’un grand panier contenant le chanteau de pain, l’andouille et la galette.
    Après une brève halte, le travail reprend jusqu’à midi, heure à laquelle est servi le dîner, à la maison même. Les ouvriers reposent leurs membres fatigués et s’endorment couchés, qui dans la grange, qui dans un coin de la cour où du jardin. Cela s’appelle faire la méridienne et par abréviation mérienne. Peu de temps s’écoule avant que le maître s’écrie : »Et sur ce, garçons, vite à l’ouvrage ». 

       A 5 heures tout est coupé, sauf la dernière poignée. C’est ici qu’il convient de mentionner un ancien usage que nous sommes heureux de voir se maintenir, lorsque tant d’autres n’existent qu’en souvenirs. Il se passe en effet, dans le bocage, au soir du jour de la parscie, une scène naïve et toute joyeuse. Pour en comprendre la raison, il faut remarquer que seule de toute la famille, la maîtresse, retenue à la maison par ses fonctions de cuisinière, n’a pu prendre une part active à la coupe du blé. Il s’agit donc de lui faire honneur et plaisir. Ce qu’on se propose, c’est d’abord de procurer à cette honnête personne la satisfaction de pouvoir dire en toute vérité qu’elle sait se servir d’une faucille, ensuite, on a bien aussi envie d’amener le bourgeois, toujours sensible aux bons procédés dont sa femme est l’objet, à régaler son monde de quelques cruchées de cidre tiré à la vieille tonne. Ce désir, après tout, n’est pas défendu, et il se comprend en pareille circonstance . 

       Savez vous que c’est un moment d’émotion pour notre fermière, malgré ses 50 ans quand elle voit venir la troupe des travailleurs lui demander d’exécuter le programme. Bien qu’elle y ait pensé plusieurs fois dans la journée et qu’elle ait fait sa préparation, elle saisit d’une main tremblante la faucille offerte après avoir entendue la harangue de l’orateur du village. Le faisceau qu’on lui présente muni de la racine et d’une jolie tête d’épis rouges, elle doit le scier d’un seul coup, sous peine de subir la honte de passer pour inhabile. 

       L’homme tient donc cette poignée de blé artistement décorée de coquelicots rouges et liée d’une pelure de jeune merisier enroulée en spirale, et il rit dans sa barbe, pensant au tour qu’il a voulu jouer. Avant de sortir du champ on l’a vu prendre à la haie une baguette de coudrier. On devine bien ce qu’il en a fait. D’ailleurs il a des complices, et plus d’un spectateur espère que le bois plus dur que la faible céréale résistera au premier coup d’un bras sans expérience.                « Tenez bien Guillaume, ne lâchez pas !       
    -Courage bourgeoise, répond Guillaume »     
     La faucille est levée, le mari pâlit, les nombreux enfants de la maison demeurent dans une inquiète incertitude ; un seul pourtant s’écrie : "Courage mère, vous l’aurez !". L’instrument retombe et…d’un seul coup tranche le faisceau qui paraissait si redoutable.
    C’est un triomphe !       
    La soupe mangée, on boit du meilleur cidre de la ferme et l’on ne s’attarde guère à table, car demain il faudra enjalver et mettre en grange le blé coupé aujourd’hui.


       Dans les temps les plus reculés,

les poignées de blé laissées sur le sillon par le scieur étaient réunies au nombre de 4 ou 5 pour former un faisceau nommé javelle , d’où le mot enjaveler. Les moissonneurs étaient alors des enjaveloux. 

       A la fin de la journée, sur les 7 heures, le champ est vide : la moisson est faite. »De telles festivités se déroulent en Normandie, ainsi dans le pays de Caux (cher à Guy de MAUPASSANT), nous raconte Rolande NIEL :

    « ….En une bonne semaine, les quinze âcres de récolte sont à l’abri et à la dernière charrette, on offre la gerbe à la maîtresse, ornée de fleurs, coquelicots, bleuets, de faveurs de toutes les couleurs. »
    « Le mois d’Août (la moisson) s’achève par le câudé (repas de fin de moisson) entre tous les aoûteux. On y mâ’que comme des sapâds et on y beut à être sâ’s (on y mange comme des goinfres et on y boit à être saouls).Les chânteux y vont de leu’s cânchons (les chanteurs y vont de leurs chansons), sans oublier les célèbres  vêp’es de Sâussez’ma’e’ (les célèbres vêpres de Sausseumare).On ne compte plus les bouteilles de gros (de cidre bouché) et, après le café, la rinchette (la rincette) n’y suffit pas, il y faut ajouter la sûr rinchette et comme personne ne se décide à partir, on termine par le "coup de pied au cul" (le dernier verre). »
    « Dans la campagne se hâtent  les glaneux  (les glaneurs)  car déjà, les charretiers se préparent à faire de la gatié’e  ou gaquié’e (à déchaumer).

    Une autre coutume du bocage Normand, la suivante :      

    « Une cérémonie profane marquait la fin de la moisson dans chaque exploitation agricole. Arrivés au bout du dernier sillon, les travailleurs allaient chercher le maître ou la maîtresse et lui offraient la dernière gerbe liée, qu’ils avaient soin de faire volumineuse, avec les épis les plus lourds, et qui étaient ornées de fleurettes des champs et de verdoyants rameaux. Le plus disert de la bande débitait un petit compliment puis, armés de leurs faucilles, les moissonneurs portaient la gerbe à la maison, où les attendait un traditionnel et plantureux repas, la ripale  ou ripaille. Au dessert venaient les chants, mêlés de gais propos, puis les convives, se levant allaient dans la cour où la gerbe avait été plantée debout ; on se donnait la main pour faire la ronde autour de la gerbe. La fille du fermier ou à défaut sa femme, entrait alors dans la ronde et déliait la gerbe, le chanteur l’embrassait et de grandes clameurs rappelant l’antique évohé des fêtes bachiques saluaient le déliement de la gerbe, dont la signification symbolique est perdue pour nous. Dans les environs de Bayeux la ripaille est appelée replumette ou parcie ailleurs l’oison d’Aout. Un usage est de lier le maître dans la dernière gerbe s’est conservé dans le canton de Putanges. Les femmes seules se chargent de cette besogne. Elles se jettent toutes ensemble sur le propriétaire, les unes par les jambes, les autres par les bras ou le corps, le renversent à terre et l’étendent sur la gerbe. On fait alors le simulacre de le lier, et les conditions du festin lui sont alors dictées, quand il les a acceptées, il recouvre la liberté. »        

    Sans doute a-t-on les mêmes coutumes en Haute Normandie, ce qui tombe sous le sens .  

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     Après la moisson, les moissonneurs ont bien gagné le repos tel que l’a prescrit

VAN  GOGH

 

 

 

Mais revenons sur la messe, en plein air.

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     Célébrée sur un autel édifié pour la circonstance sur la remorque d’un camion, servie par une abondance d’enfants de cœur, la messe est animée par d’excellents musiciens, chantée par une harmonieuse chorale sous un soleil complice. Au cours de cette eucharistie, fut distribué à tous les fidèles le pain béni fruit du travail des paysans, cuit avec le blé eucharistique.

Michel  PETIT
Sources :
        Internet
        Archives de Normandie
 

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