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du Mesnil - Plateau de Boos - Diocèse de Rouen

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REPARONS L'EGLISE


Compte-Rendu des réunions

des Mardi 28 mai 2019 à St Paul et

Mercredi 6 juin 2019 à Bonsecours

sur le thème "Réparons l'Eglise"

 

Dans sa « Lettre au peuple de Dieu », publiée le 20 août 2018, le pape François reconnaît les manquements de l’Église face à la crise des abus sexuels, de pouvoir et de conscience « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

Le pape François indique : « Nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et leur esprit.

Nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acceptation plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir. Cette solidarité  exige de :

-           dénoncer tout ce qui met en péril l’intégrité d’une personne

-           de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle

Conjointement à ces efforts, chaque baptisé doit se sentir engagé dans la transformation ecclésiale et sociale, ce qui nécessite une conversion personnelle et communautaire ».

Deux réunions sur les paroisses Saint Paul du Mesnil Plateau de Boos et Notre Dame de Bonsecours les 28 mai et 5 juin se sont tenues sur le thème « Réparons l’Eglise » rassemblant environ 80 personnes.

A partir de trois questions, les participants ont pris conscience de cette situation. Cela a permis de libérer la parole d’une part et d’autre part de proposer des actions en vue de nous engager dans  cette solidarité et sur ce chemin de conversion.

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1 - L’Eglise catholique vit un moment particulier de son histoire marquée par des évènements douloureux. Ces évènements ont-ils changé votre regard sur l’Eglise, vos engagements, votre soutien ?

 

Changement de regard : une prise de conscience :

-           Un sentiment de vertige de la présence du mal qui peut côtoyer le bien y compris près de chez nous. Surpris de l’ampleur de la situation et de sa médiatisation. Un regret que ces évènements douloureux n’éclatent que maintenant. Une constatation également que les abus ne sont pas le propre des hommes d’Eglise.

-           Un sentiment de tristesse. Les évènements nous attristent mais cependant ils nous obligent à réagir pour les prêtres en ayant pour eux un regard respectueux et valorisant.

-           Un sentiment de souffrance. Douleur de constater que les actes d’abus relèvent de ceux qui doivent montrer l’exemple et parfois célèbrent l’eucharistie. Nous nous sentons « salis ».

-           Un sentiment de colère. le mutisme et la couverture des faits par la hiérarchie pyramidale de l’Eglise. Les prédateurs et ceux qui abusent de leur pouvoir ne sont pas conscients de leurs actes.

-           Un sentiment de compassion envers les victimes. Mieux les écouter et comprendre leur détresse, leur souffrance.

-           Un sentiment de peur et d’inquiétude. Les réflexions des non-croyants et la médiatisation des scandales empêchent d’affirmer publiquement sa foi.

-           Un sentiment de libération. Il fallait que cela éclate. La nécessité d’épurer la situation.

-           Un sentiment de doute. Un regard interrogatif est porté sur la formation au discernement et à l’obéissance de ceux qui se préparent à la vocation sacerdotale et religieuse.

 

Changement de soutien, d’engagement : plutôt un renforcement pour aider l’Eglise.

-           Pas de remise en cause de la foi en l’Eglise.

-           Soutien dans la fidélité, dans l’amour de la  communauté paroissiale,  dans la fraternité vis-à-vis de nos prêtres, notre évêque. « lorsqu’un membre d’une famille est malade, le regard d’amour des autres membres reste intact voire s’amplifie ».

-           Prise de conscience de purification. Le Christ appelle encore plus profondément. Signe de Dieu pour nous purifier et nous rapprocher davantage de Lui.

-           Prise de conscience d’une renaissance par l’acceptation et l’offrande de notre souffrance dans la prière.

-           Engagement renforcé pour la prière et la confiance.

-           Engagement pour réfléchir sur l’organisation de l’Eglise sur : le statut du prêtre, la place des laïcs, la place de la femme et la remise en cause de la culture du silence.

 

2 - Dans cette période troublée, à quoi vous raccrochez vous ? Personnellement, que pouvez-vous faire pour contribuer à « réparer l’Eglise » ?

 

Se raccrocher : au Christ, à la prière, à la fraternité, à la joie de baptisé

-           Espérer en Christ miséricordieux, à sa parole d’espérance. La tête de l’Eglise c’est le Christ !

-           Prier pour discerner et ne pas tomber dans la haine. La prière est une source de fécondité.

-           Redécouvrir l’Eglise peuple de Dieu, tous membres du même corps dans la famille, dans la fraternité. Garder des liens fraternels avec les prêtres notamment par des moments conviviaux.

-           Exprimer sa joie d’être chrétien pour rayonner et être source d’espérance.

-           Aimer l’Eglise plutôt que réparer l’Eglise.

 

Contribuer personnellement à réparer l’Eglise en étant : témoin, solidaire, ouvert au dialogue, acteur et responsable.

-           Témoin : être vrai, témoin de la foi, accueillant au plus fragile, en étant des repères dans nos familles.

-           Solidaire avec les victimes directes et indirectes : écouter leur souffrance et les croire. Solidarité pour l’image de ceux qui conduisent le peuple de Dieu.

-           Ouvert au dialogue : écouter et rendre la parole plus facile pour que les non-dits puissent s’exprimer.

-           Acteur et Responsable : dénoncer les abus et les injustices sociales, préserver les jeunes des abus par l’éducation, rester humble dans le fonctionnement et la vision des rôles et missions attribuées,  communiquer pour expliquer, partager les responsabilités, se former pour s’investir.           

 

 

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3 - Quels sont les trois chantiers prioritaires, selon vous, pour l’Eglise. Quelles propositions concrètes avez-vous déjà mises en place ou voudriez-vous mettre en œuvre pour « réparer l’Eglise ».

Les propositions concrètes sont nombreuses et diverses et non classées par priorité :

-           Prier et aider à prier :

o   Prier et faire des sacrifices seul et en communauté pour l’Eglise et sa purification.

o   Rendre la liturgie plus proche et plus audible des personnes. Avoir des intentions de prière universelle concrètes et locales, permettre de réagir sur les homélies, enseigner sans autoritarisme.

 

-           Accueillir : l’Eglise doit mieux accueillir chaque homme et chaque femme dans leur diversité.

o   Accueil des personnes et des familles : LGBT, remarié, divorcé, suicidé, victimes de violence.

o   Accueil en communauté : des personnes isolées, des fidèles, des personnes et  familles demandant un sacrement.

 

-           Accepter d’être enseigné par le monde : l’Eglise doit sortir du jugement et de la posture d’un enseignement auto-référencé.

o   Eviter tout repli identitaire.

o   Se mettre à l’écoute de la société : place des femmes, valeur du droit civil, sexualité.

o   Poursuivre les conférences sur les sujets de société.

o   S’informer en diversifiant ses sources d’information.

 

-           Libérer la parole : l’Eglise (la paroisse) doit être plus ouverte au dialogue au plus près des personnes.

o   Permettre à chaque baptisé de s‘exprimer : quid cellule d’écoute en paroisse.

o   Désacraliser les fonctions dans l’organisation de la paroisse.

o   Former les personnes de l’accueil à l’écoute.

o   Valoriser le travail de clarification de l’Eglise.

 

-           Communiquer : l’Eglise (la paroisse) met en relation

o   Améliorer la communication sur la gouvernance et l’organisation de la paroisse.

o   Améliorer la communication entre les services et équipes.

o   Informer régulièrement la communauté au moyen de tous les outils.

o   Renforcer les instances de gouvernances autour du prêtre.

 

-           Accompagner : l’Eglise doit mieux accompagner ses membres dans le discernement

o   Accompagner en paroisse les séminaristes.

o   Permettre aux prêtres d’avoir une vie communautaire.

o   Développer des relectures de vie.

o   Croiser des regards de prêtres sur les paroisses.

o   Recréer des lieux de la première annonce comme les patronages.

 

 

-           Conforter les organisations : L’Eglise (la paroisse) doit permettre à chaque membre de s’investir.

o   Chaque mission doit être claire, précise, écrite et limitée dans le temps et connue.

o   Chaque personne investie doit pouvoir régulièrement être entendue sur l’accomplissement de sa mission.

o   Clarifier les ministères pour ne pas faire à la place de….

o   Permettre une juste place des femmes dans les services d’Eglise.

Conclusion :

 

Le Père Frédéric Masset nous redit que le chemin de l’Eglise est et sera encore dur et difficile dans les années à venir. Notre pauvreté actuelle nous oblige à travailler à la mission autrement ensemble tout en acceptant de ne pas maîtriser. Cependant, nous croyons en l’Eglise Sainte. Dieu l’aime, Dieu l’appelle, Dieu la relève patiemment. Et de citer Yves Combeau (Dominicain intervenant au « Jour du Seigneur ») : « Chaque chrétien est appelé à la sainteté et chaque chrétien est déjà saint par le baptême qui l’a revêtu de l’amour de Dieu. Saint en devenir, saint encore titubant. De même, l’Eglise. Elle est appelée à la sainteté et elle est déjà sainte par l’amour que Dieu lui porte, mais, comme saint Pierre, comme en vrai tous les saints, elle lutte et titube et tombe et se relève ».

Merci à tous ceux qui présents ou non ont participé à cette réflexion. Puissions-nous en tirer seul et en communauté les enseignements et les actions pour que grandisse le peuple de Dieu.

 

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